Biographie de Georges Simenon

1903 Le vendredi 13 février, Georges Simenon naît à Liège. Son père, Désiré, est employé dans un bureau d'assurances. Sa mère, Henriette, née Brüll, est la cadette d'une famille de treize enfants.
1919 Georges Simenon entre comme journaliste et reporter à la Gazette de Liège, journal pour lequel il écrira près d'un millier d'articles sous plusieurs pseudonymes.
1921 Il fait la connaissance de Régine Renchon, dite Tigy, qui est peintre, et qu'il épousera en 1923. Paraît son premier roman, Au pont des Arches, qu'il a signé sous le nom de Georges Sim. Cette même année, Désiré meurt à l'âge de 44 ans.
1922 Le 11 décembre, Simenon débarque à la Gare du Nord à Paris.
1923 Simenon devient secrétaire du marquis de Tracy, qu'il suit dans ses déplacements, en particulier dans son château de Paray-le-Frésil, modèle du château de Saint-Fiacre.
1924 Il commence à écrire des contes pour plusieurs journaux, comme Le Matin, dont Colette est la directrice littéraire. Ce sont souvent des contes galants (près d'un millier entre 1923 et 1932), que l'auteur signe sous divers pseudonymes (dont Christian Brulls ou Gom Gut). Dès cette année, il commence aussi l'écriture de nombreux romans populaires (légers, sentimentaux ou d'aventures), en tout près de 190, toujours signés de pseudonymes.
1925 Il rencontre Joséphine Baker, avec qui il entretiendra une liaison passionnée jusqu'en 1927. La même année est engagée, en tant que servante, Henriette Liberge, dite Boule, qui sera aussi la maîtresse de Simenon, et qui ne quittera le service de celui-ci qu'en 1964.
1926 Premières vacances à l'île de Porquerolles. A leur retour, les Simenon s'installent au 21, place des Vosges. C'est l'époque où l'auteur réunit autour de son bar de multiples célébrités, comme le peintre Foujita ou le cinéaste Jean Renoir.
1928 Simenon, sa femme, Boule et le chien Olaf, partent, à bord du Ginette, un ancien canot de sauvetage transformé en "navire de plaisance", pour six mois de navigation (près de 3000 km) sur les fleuves et les canaux de France. C'est alors que l'auteur découvre le monde des écluses et des mariniers, source d'inspiration de plusieurs romans.
1929 A bord de l'Ostrogoth, un robuste cotre que Simenon a fait construire à Fécamp sur le modèle des bateaux de pêche bretons, l'auteur remonte la Seine et s'amarre au square du Vert-Galant, à Paris, où le vicaire de Notre-Dame baptise le bateau. Puis Simenon continue son périple sur les canaux du nord de l'Europe. En septembre, à Delfzijl, aux Pays-Bas, tandis que l'on recalfate son bateau, il s'installe dans un vieille barge abandonnée et y esquisse le personnage de Maigret. C'est à Delfzijl qu'en 1966 une statue de Maigret sera inaugurée en présence de Simenon lui-même et de certains des acteurs qui ont joué le rôle du commissaire.
1930 Sous la signature de Georges Sim, il publie un roman dit populaire, La Maison de l'inquiétude, dans lequel Maigret est le héros. Ce roman fait partie, avec trois autres (Train de nuit, La Figurante, La Femme rousse), de ce qu'on appelle les proto-Maigret, romans signés sous pseudonymes où apparaît la silhouette, plus ou moins esquissée, du commissaire. La même année, Simenon écrit Pietr-le-Letton, son premier roman signé de son nom, qu'il soumet à Fayard. Celui-ci, peu emballé (voir Maigret chez Fayard) et prudent, publie le texte d'abord en feuilleton dans le journal Ric et Rac. A la suite, Simenon écrit deux autres "Maigret", Monsieur Gallet, décédé et Le Charretier de la Providence, et un "non-Maigret": Le Passager du Polarlys.
1931 Après avoir écrit Le pendu de Saint-Pholien, Simenon propose ce roman et Monsieur Gallet, décédé, à Fayard et organise le "bal anthropométrique" pour leur lancement. Devant le succès, Simenon écrit dans la foulée huit autres romans "Maigret".
1932 Simenon continue d'écrire des "Maigret". Il s'installe au domaine de la Richardière, à Marsilly, près de La Rochelle. Le 21 avril, la première du film La Nuit du carrefour, réalisé par Jean Renoir, a lieu au théâtre Pigalle. Le rôle du commissaire est joué par le frère du cinéaste, Pierre Renoir. Suivront Le Chien jaune, de Jean Tarride, et La Tête d'un homme de Julien Duvivier en 1933. Les substantiels droits cinématographiques enrichissent Simenon. Cette même année, il effectue un voyage en Afrique, dont il ramène des reportages photographiques et littéraires. De retour à Marsilly, il rédige plusieurs romans "non-Maigret".
1934 Il alterne les romans et les reportages. En janvier, il écrit le dix-neuvième roman de la série Maigret, intitulé symboliquement Maigret, publié en mars. Il espère ainsi clore cette étape de sa carrière littéraire, et croit abandonner son personnage. A la fin de l'année, il entame un long "tour du monde", qui durera jusqu'en mai 1935, et qui le mènera à travers l'Atlantique jusqu'en Amérique du Sud, puis de là en Océanie, en Asie, et enfin il revient en Europe par la mer Rouge. De son périple il ramènera des reportages, publiés dans Paris-Soir, ainsi que plusieurs idées de romans dits "exotiques".
1936 Simenon écrit les neuf premières "Nouvelles enquêtes de Maigret", dont les suivantes seront composées en 1938. Certaines de ces nouvelles paraîtront d'abord en préoriginales dans Paris-Soir, avant d'être publiées chez Gallimard en 1944.
1939 Installé à Nieul-sur-Mer depuis l'année précédente, Simenon continue d'écrire des romans et commence à être reconnu par ses confrères (dont André Gide). Le 19 avril, Simenon est papa d'un petit garçon, Marc, qui deviendra plus tard cinéaste (il tournera entre autres des épisodes de L'Agence O (1968), et Signé Furax en 1981). A la fin de l'année, il reprend son personnage de commissaire et écrit Les caves du Majestic.
1940 Simenon est nommé haut commissaire aux réfugiés belges pour le département de Charente-Inférieure, tâche dont il s'aquitte avec beaucoup d'efficacité et de dévouement. Installé dès l'automne à Fontenay-le-Comte, Simenon consulte un radiologue qui diagnostique par erreur une maladie qui ne lui laisserait que deux ou trois ans à vivre. Simenon écrit alors Je me souviens, une longue lettre autobiographique adressée à son fils.
1945 Après avoir publié chez Gallimard, en 1942 (Maigret revient) et 1944 (Signé Picpus) deux recueils de trois romans "Maigret" chacun, écrit plusieurs romans (dont Pedigree) et vu la sortie de plusieurs films tirés de ses oeuvres, et enfin fait la connaissance d'un jeune éditeur, Sven Nielsen (voir Maigret aux Presses de la Cité), Simenon prépare son départ pour l'Amérique. En août, il écrit le premier roman "Maigret" publié (en 1947) aux Presses de la Cité, Maigret se fâche. En octobre, il débarque à New York, avec Marc et Tigy, puis la famille va s'installer dans la province du Québec (Ste-Marguerite-du-Lac-Masson), où Simenon écrira en 1946 Maigret à New-York et les nouvelles du recueil Maigret et l'inspecteur malgracieux. En novembre, il rencontre Denyse Ouimet et c'est le coup de foudre, qu'il racontera transposé dans Trois chambres à Manhattan.
1946 Les Simenon effectuent une traversée des Etats-Unis en voiture, du nord au sud, qui fera l'objet d'un reportage dans France-Soir.
1947 Simenon s'installe avec Denyse en Arizona (Tucson et Tumacacori). Il y écrira cinq "Maigret" et plusieurs "non-Maigret".
1948 Simenon signe à Hollywood un contrat pour l'adaptation de La Tête d'un homme, film qui sortira en 1950 sous le nom de The Man of the Eiffel Tower.
1949 Le 29 septembre, Denyse donne naissance à Jean, dit John Simenon. Les Simenon vont vivre en Californie (Carmel-by-the-Sea). Simenon y écrit deux romans "non-Maigret", deux "Maigret" et les nouvelles du recueil Un Noël de Maigret.
1950 En juin, Simenon divorce d'avec Tigy et épouse Denyse. La famille va s'installer dans le Connecticut (Lakeville), où elle restera près de cinq ans. Simenon y écrira 27 romans, dont 13 "Maigret". Cette même année, Thomas Narcejac fait paraître aux Presses de la Cité l'essai Le Cas Simenon.
1952 Simenon effectue un voyage triomphal en France et en Belgique. A Paris, il est accueilli à la mi-avril par une réception officielle au Quai des Orfèvres, où on lui remet une plaque de commissaire portant le numéro 0000, au nom de Maigret. En mai, il est reçu chaleureusement à Liège, sa ville natale. A Bruxelles, il est installé comme membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Puis il retourne en Amérique. En octobre, sort le film Brelan d'As d'Henri Verneuil, dont le troisième épisode avec Michel Simon est inspiré de la nouvelle Le témoignage de l'enfant de choeur.
1953 Le 23 février naît Marie Georges, dite Marie-Jo Simenon.
1955 En mars, les Simenon quittent définitivement les Etats-Unis. Après un séjour à Mougins, ils s'installent à Cannes. Pendant cette période, Simenon écrit 6 "non-Maigret" et 3 "Maigret". Le 10 octobre, c'est la première de la pièce adaptée du roman Liberty-Bar au Théâtre Charles de Rochefort à Paris.
1957 Les Simenon s'installent en Suisse, au château d'Echandens. Les romans écrits dans ce lieu (14 "non-Maigret" et 12 "Maigret") seront datés de "Noland".
1958 En janvier, sortie du film Maigret tend un piège, de Jean Delannoy avec Jean Gabin dans le rôle du commissaire. En septembre, sortie du film En cas de malheur, de Claude Autant-Lara, avec Jean Gabin et Brigitte Bardot.
1959 Le 26 mai, naissance de Pierre Simenon. En septembre, sortie du film Maigret et l'affaire Saint-Fiacre, de Jean Delannoy, avec Jean Gabin.
1960 Simenon préside le festival du film de Cannes. La Palme d'or est attribuée à la Dolce Vita de Fellini.
1962 Les Simenon ont engagé une femme de chambre, Teresa Sburelin, qui devient la maîtresse de Simenon, et qui sera la compagne des dernières années de Simenon.
1963 En septembre, sortie du film Maigret voit rouge, de Gilles Grangier, avec Jean Gabin. En décembre, les Simenon quittent Echandens pour s'installer dans la maison qu'ils ont fait construire à Epalinges. Simenon y écrira 14 "non-Maigret" et 13 "Maigret".
1967 En mars débute, chez Rencontre, la publication des Oeuvres complètes, éditées par Gilbert Sigaux. Le 14 octobre, le premier épisode de la série télévisée, Cécile est morte, avec Jean Richard, est diffusée sur l'ORTF.
1970 Le 8 décembre, mort de la mère de Simenon, Henriette, à l'âge de 90 ans.
1971 En avril, sortie du film Le Chat, de Pierre Granier-Deferre, avec Jean Gabin et Simone Signoret.
1972 En février, il écrit Maigret et M. Charles, sans se douter que c'est là son dernier roman. En septembre, il veut commencer un nouvel ouvrage, mais il l'abandonne et décide de cesser d'écrire. A fin octobre, Simenon s'installe au 8e étage d'un immeuble de Lausanne.
1973 En février, il fait remplacer sur son passeport la mention "romancier" par celle de "sans profession". Il s'achète un magnétophone pour son 70e anniversaire, sur lequel il va dicter Un homme comme un autre, la première de ses 21 dictées. En mai, à l'initiative du professeur Maurice Piron, Simenon est fait "docteur honoris causa" de l'Université de Liège.
1974 En février, Simenon s'installe avec Teresa dans sa "petite maison rose" de l'avenue des Figuiers à Lausanne. Il y fera son plus long - et son dernier - séjour. Il dicte et publie Lettre à ma mère.
1976 En février, le Conseil d'administration de l'Université de Liège, suite à l'échange de correspondance entre Simenon et Piron, décide la création du "Centre d'études Georges Simenon". En juin, Simenon fait don à ce centre d'un grand nombre de documents, tels que manuscrits de romans, cassettes de dictées, correspondances diverses, copies de films, thèses sur son oeuvre, photographies, etc. Le Centre crée un Fonds Simenon, inauguré en 1977 et transféré en 1981 au château de Colonster.
1978 Le 19 mai, suicide de Marie-Jo à Paris. Le 27 mai, Simenon disperse ses cendres dans le jardin de la maison rose.
1979 En octobre, Simenon, à l'occasion du 50e anniversaire de la naissance ("officielle") de son personnage, écrit une lettre d'adieu à Maigret, qui paraît dans le magazine suisse Le Nouvel Ilustré.
1980 Simenon rédige ses Mémoires intimes, son plus volumineux ouvrage.
1981 En novembre, Antenne 2 diffuse un "Apostrophes" spécial Simenon, enregistré à Lausanne par Bernard Pivot.
1986 Fondation à Bruxelles de l'association "Les Amis de Georges Simenon", qui publie chaque année les Cahiers Simenon.
1988 Début de la publication aux Presses de la Cité de "Tout Simenon" en 25 tomes. Em avril, premier colloque international organisé par le Centre d'études Georges Simenon.
1989 Le 4 septembre, Simenon prend la main de Teresa: "Enfin, je vais dormir", et s'éteint doucement. Le 6 septembre, Teresa disperse ses cendres dans le jardin de la maison rose.

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